L’Organisation SHOAA pour les droits humains exprime sa profonde indignation et sa vive préoccupation face au jugement rendu par le tribunal d’Oum El Bouaghi le 29 octobre 2025, condamnant le syndicaliste algérien Ali Mammeri à quinze (15) ans de prison pour des accusations de « glorification d’actes terroristes » et de « diffusion d’informations classifiées via les moyens de communication électroniques ».
L’organisation considère que ce verdict constitue une violation flagrante de la liberté syndicale et des droits humains en Algérie, ainsi qu’une utilisation abusive de la législation antiterroriste visant à criminaliser une activité syndicale pacifique et légitime.
M. Ali Mammeri, président du Syndicat national des employés de la culture et membre de la Confédération syndicale des forces productives (COSYFOP), a été arrêté le 19 mars 2025 sur son lieu de travail et détenu plusieurs jours dans un lieu tenu secret, sans pouvoir contacter ni son avocat ni sa famille, en violation des garanties constitutionnelles et des procédures légales prévues par la législation algérienne et les normes internationales pertinentes.
Pendant sa détention, des témoignages crédibles ont indiqué qu’il a subi des mauvais traitements physiques et psychologiques visant à lui extorquer des aveux utilisés ensuite comme preuves devant le tribunal — en violation grave du principe d’interdiction de la torture, énoncé à l’article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans la Convention contre la torture, ratifiée par l’Algérie.
SHOAA souligne que cette condamnation renforce les inquiétudes sérieuses concernant le respect des garanties d’un procès équitable, notamment la présomption d’innocence, le droit à la défense et l’interdiction des aveux obtenus sous la contrainte. Elle illustre également une tendance préoccupante à restreindre la liberté syndicale et d’expression pacifique par un recours abusif aux lois antiterroristes en dehors de leur champ légitime.
L’organisation rappelle aux autorités algériennes que le droit à la liberté syndicale est garanti par la Convention n° 87 de l’Organisation internationale du travail (OIT), et que sanctionner des syndicalistes pour leurs activités légitimes constitue une violation directe des engagements internationaux de l’Algérie.
Au vu de ce qui précède, SHOAA pour les droits humains appelle à :
La libération immédiate et inconditionnelle du syndicaliste Ali Mammeri et l’annulation du jugement prononcé à son encontre ;
L’ouverture d’une enquête indépendante et transparente sur les allégations de torture et de mauvais traitements durant sa détention ;
Le respect effectif de la liberté syndicale et la fin de toutes les formes de harcèlement visant les défenseurs des droits humains et les syndicalistes en Algérie ;
L’appel aux organisations internationales, régionales et nationales à suivre de près cette affaire et à encourager les autorités algériennes à respecter leurs engagements internationaux en matière de protection des droits et libertés fondamentales.
SHOAA conclut en affirmant que la condamnation d’un militant syndical pour son activité pacifique constitue une grave régression pour la liberté d’expression et d’association en Algérie et sape la confiance dans l’indépendance de la justice et le respect de l’État de



