Le jeudi 30 juillet 2026, le tribunal d’Aïn Beïda, dans la wilaya d’Oum El Bouaghi, a condamné le rappeur Amine Bougandoura, connu sous le nom de scène « Guns », à trois (3) ans de prison ferme et a ordonné son placement immédiat en détention. Il était poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation en raison d’une chanson de rap dans laquelle il critiquait la situation politique et sociale en Algérie, ainsi que les élections législatives organisées le 2 juillet 2026. Le procureur de la République avait requis une peine de sept (7) ans de prison ferme.
Amine Bougandoura a été arrêté par les services de sécurité le mercredi 29 juillet 2026, avant d’être présenté le lendemain matin devant le procureur de la République près le tribunal d’Aïn Beïda. Celui-ci a ordonné son renvoi devant le tribunal selon la procédure de comparution immédiate, à l’issue de laquelle le tribunal a rendu son jugement et ordonné son incarcération immédiate.
Cette condamnation s’inscrit dans un contexte de recours persistant aux poursuites pénales et aux peines privatives de liberté contre des personnes pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression, y compris à travers des œuvres artistiques et créatives. La criminalisation de l’expression artistique et l’emprisonnement d’artistes en raison du contenu de leurs œuvres constituent une violation du droit à la liberté d’opinion et d’expression garanti par l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). Cette condamnation est également contraire aux garanties constitutionnelles protégeant la liberté d’expression et illustre le recours continu au droit pénal pour réprimer les voix critiques et l’expression pacifique en Algérie.



