Communiqué de presse

Attentat de Blida : le secret de l’enquête ne saurait remettre en cause le droit à l’information et à la redevabilité

SHOAA pour les droits humains avait alerté, dans son communiqué publié le 30 mai 2026, sur l’opacité entourant les images, vidéos et informations diffusées au sujet d’un attentat-suicide terroriste qui aurait eu lieu à Blida le 13 avril 2026. L’organisation avait appelé les autorités algériennes à fournir des éclaircissements officiels et à établir les faits devant l’opinion publique. Plusieurs mois plus tard, des questions essentielles restent sans réponse : Que s’est-il réellement passé ? Où en sont les enquêtes ? Et pourquoi le minimum d’informations pouvant être rendu public sans compromettre le déroulement de l’enquête n’a-t-il toujours pas été communiqué ?

Le secret de l’enquête constitue un principe légitime, mais il ne saurait se transformer en une rétention indéfinie de l’information ni en une absence de redevabilité, particulièrement lorsqu’il s’agit d’une affaire touchant directement à la sécurité publique. Le droit à l’information n’est pas une simple revendication en matière de droits humains : il s’agit d’un droit constitutionnel consacré par l’article 55 de la Constitution algérienne et protégé également par l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel l’Algérie est partie. La transparence et l’accès à l’information, dans les limites des restrictions légales, nécessaires et légitimes, constituent ainsi des obligations qui ne sauraient être écartées au nom d’un secret indéfiniment invoqué.

Ces interrogations deviennent d’autant plus pressantes au regard des informations faisant état de l’arrestation d’un nombre important de personnes dans le cadre des investigations. Une telle situation soulève de sérieuses questions quant aux éléments individuels et aux fondements juridiques justifiant ces arrestations, ainsi qu’au respect des droits de la défense, du contrôle judiciaire et de la nécessité d’éviter toute extension indiscriminée du champ des soupçons.

SHOAA réaffirme sa condamnation catégorique de toutes les formes d’extrémisme, de violence et de terrorisme, ainsi que la légitimité et la nécessité de les combattre. Elle met toutefois en garde contre toute transformation de la lutte antiterroriste en un cadre permettant d’élargir indûment le champ des soupçons ou de cibler les voix critiques ainsi que l’activité politique et de défense des droits humains exercée pacifiquement. Plusieurs mois après l’attentat de Blida, la question n’est donc plus seulement : que s’est-il passé ? Mais aussi : pourquoi le silence officiel persiste-t-il, et où s’arrête le secret légitime de l’enquête pour laisser place au droit de la société à l’information et à la redevabilité ?

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