Le mercredi 12 août 2026, le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’Hamed à Alger a ordonné le placement en détention provisoire de l’activiste Mohamed Bakir Torki, connu sous le nom de « Sofiane », à l’établissement pénitentiaire de Koléa, et a ouvert une information judiciaire à son encontre. Il est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment le crime d’apologie du terrorisme et le crime d’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour soutenir ou diffuser les idées d’une organisation terroriste, en vertu de l’article 87 bis du Code pénal.
Il est également poursuivi pour diffusion volontaire de fausses informations susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique et à l’ordre public via les réseaux sociaux, en vertu de l’article 196 bis du Code pénal, pour publication de contenus portant atteinte à l’intérêt national conformément à l’article 96, pour outrage à un corps constitué en vertu de l’article 146, ainsi que pour incitation au boycott des élections, conformément à la loi organique relative au régime électoral (Ordonnance n° 21-01 du 10 mars 2021).
Mohamed Bakir Torki a été arrêté par les services de sécurité sur son lieu de travail dans la soirée du dimanche 9 août 2026, où il exerçait comme agent de sécurité à la Direction des Domaines de l’État à Alger. Il a été placé en garde à vue jusqu’à sa présentation, le mercredi 12 août 2026, devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’Hamed, qui a saisi le juge d’instruction. Celui-ci a ordonné son placement en détention provisoire et l’ouverture d’une information judiciaire. Les charges retenues contre lui sont fondées sur sa participation à un direct diffusé sur la plateforme TikTok le 5 juin 2026, que les autorités ont invoqué comme fondement des poursuites engagées à son encontre.
Le nom de Mohamed Bakir Torki (« Sofiane ») est étroitement associé au mouvement populaire du Hirak, lancé en février 2019. Lors d’un direct diffusé par Sky News Arabia depuis Alger, il a prononcé la célèbre expression « Yetnahaw Gaâ » (« Qu’ils partent tous »), à la suite de l’annonce par l’ancien président Abdelaziz Bouteflika de son renoncement à briguer un cinquième mandat. La vidéo s’est rapidement diffusée à grande échelle en Algérie et à l’étranger.
L’expression « Yetnahaw Gaâ » est ensuite devenue l’un des principaux slogans du Hirak, symbolisant le rejet du système politique en place. Elle a été largement reprise lors des manifestations et sur les réseaux sociaux sous le mot-dièse #YetnahawGa3.
Le placement en détention provisoire de Mohamed Bakir Torki intervient dans un contexte de poursuite des actions judiciaires contre des activistes du Hirak, des défenseurs des droits humains, des opposants politiques et des journalistes. Plus de sept ans après le début du mouvement, son nom demeure associé à l’un des slogans les plus emblématiques du Hirak algérien.



