Communiqué de presse

À la veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse : Hassan Bouras entame une grève de la faim en protestation contre sa détention

Dans un développement grave illustrant la détérioration de la liberté de la presse en Algérie, le journaliste et défenseur des droits de l’Homme Hassan Bouras a annoncé le début d’une grève de la faim illimitée à compter de la veille du 3 mai 2026, depuis sa détention à la prison d’El Haoud à El Bayadh, en protestation contre sa détention arbitraire et la privation continue de ses droits fondamentaux.

Cette annonce a été faite dans un message poignant adressé depuis sa cellule le 29 avril 2026, dans lequel il a détaillé les circonstances de son arrestation. Il indique avoir été interpellé le 13 avril 2026 devant son domicile par des agents en civil, suivi d’une perquisition de son domicile et de l’intimidation de sa famille, sans justification légale claire ni notification de charges, en violation flagrante des garanties d’un procès équitable.

Bouras souligne que ce qu’il subit s’inscrit dans un schéma récurrent de violations, rappelant la perquisition de son domicile en 2015 menée selon des méthodes similaires, révélant un ciblage systématique en raison de ses activités journalistiques et de défense des droits humains. Il affirme également que sa privation de liberté ne fera pas taire sa voix, déclarant que son corps est désormais son ultime moyen de protestation face à l’injustice.

Il a également évoqué un précédent en 2015, lorsqu’il était détenu et avait entamé une grève de la faim, à propos de laquelle l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia avait déclaré : « Qu’il fasse une grève de la faim s’il le souhaite. » Une telle déclaration traduit un mépris préoccupant pour la sécurité et les droits fondamentaux des détenus, et illustre l’absence de volonté politique de garantir le droit à la vie et à la dignité humaine.

Bouras soulève des questions fondamentales révélant la profondeur de la crise des droits humains, s’interrogeant sur le crime qu’il aurait commis et sur le fait que dire la vérité ou refuser le silence puisse justifier sa privation de liberté. Il adresse également un appel direct aux journalistes, avertissant que le silence face à l’emprisonnement des journalistes revient à renoncer à l’essence même de la profession.

Cette grève de la faim illimitée constitue une escalade extrêmement grave et place les autorités algériennes face à leurs responsabilités juridiques et humanitaires pour garantir la sécurité de Hassan Bouras et le protéger contre tout risque mettant sa vie en danger, notamment en raison des graves conséquences sanitaires liées à ce type de protestation.

Cette action protestataire reflète l’ampleur de l’impasse à laquelle sont confrontés les journalistes et les défenseurs des droits humains en Algérie, et confirme que le recours à la grève de la faim n’est plus un choix, mais une conséquence inévitable de l’absence de voies de recours effectives et de la persistance de politiques de répression et de criminalisation systématique de la liberté d’expression.

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