La famille du prisonnier politique Ali Benhadjar a indiqué, à l’issue de sa visite du mardi 21 juillet 2026 à la prison d’El Harrach (Alger), que son état de santé s’est gravement détérioré. Selon ses proches, il n’était même plus en mesure de leur parler et leur a demandé d’intervenir d’urgence auprès de l’administration pénitentiaire afin qu’il soit transféré à l’infirmerie de la prison ou dans un établissement hospitalier pour recevoir les soins médicaux dont il a un besoin urgent.
Cette évolution préoccupante intervient alors qu’Ali Benhadjar souffre de maladies chroniques nécessitant un suivi médical régulier et une prise en charge spécialisée, ce qui suscite de vives inquiétudes quant à sa vie et à son intégrité physique.
Le 8 février 2026, la Cour criminelle d’appel a condamné Ali Benhadjar à trois ans de prison ferme, confirmant ainsi le jugement rendu en première instance par le tribunal criminel de Dar El Beïda. Il est détenu depuis le 12 octobre 2023 pour avoir signé une déclaration politique appelant à la levée des restrictions imposées à l’activité politique et médiatique, à l’ouverture d’un dialogue national inclusif et à la libération des prisonniers politiques ainsi que des détenus du Hirak.
Le maintien en détention d’Ali Benhadjar, malgré la dégradation de son état de santé et les maladies chroniques dont il souffre, soulève de sérieuses préoccupations quant au respect par les autorités algériennes de leurs obligations de garantir le droit à la santé et l’accès aux soins des personnes privées de liberté. Son cas illustre également la détérioration persistante de la situation des droits humains en Algérie, en raison de l’absence d’une véritable volonté politique d’accepter les opinions dissidentes, de respecter le pluralisme politique et de garantir le droit à une opposition pacifique, tandis que les opposants continuent d’être poursuivis pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux.
L’Organisation SHOAA appelle les autorités algériennes à libérer immédiatement et sans condition Ali Benhadjar, à assurer son transfert en urgence vers un établissement de santé spécialisé afin qu’il reçoive les soins que son état exige, et tient les autorités pleinement responsables de son intégrité physique et psychologique ainsi que de toute aggravation de son état de santé résultant de l’absence de soins appropriés ou de la poursuite de sa détention.