SHOAA pour les droits humains suit avec une profonde inquiétude la persistance de l’ambiguïté et du silence officiel des autorités algériennes concernant les images, vidéos et informations diffusées au sujet d’un double attentat-suicide terroriste qui aurait eu lieu dans la wilaya de Blida le 13 avril 2026. Cet événement a provoqué un large climat de peur et d’inquiétude parmi les habitants, en l’absence de clarifications officielles suffisantes confirmant ou infirmant les faits, ou informant l’opinion publique sur la nature des événements et l’évolution des enquêtes en cours.
L’absence d’un récit officiel clair a contribué à la propagation de rumeurs et de spéculations, soulevant des interrogations légitimes sur les limites du secret de l’enquête et sur le moment où celui-ci peut, dans les affaires touchant à la sécurité publique, se transformer en manque de transparence, de responsabilité et de respect du droit à l’information. L’accès à l’information est un droit constitutionnel garanti par l’article 55 de la Constitution algérienne et consacré par les instruments internationaux relatifs aux droits humains.
Par ailleurs, des informations concordantes et largement relayées indiquent que plus de 200 personnes auraient été arrêtées dans le cadre des enquêtes liées à ces événements, parmi lesquelles des activistes et des acteurs de la société civile, sans explications officielles précises concernant la nature de ces arrestations ni leur fondement juridique. Cela suscite des préoccupations en matière de droits humains concernant le respect des garanties légales et le rejet de toute suspicion collective élargie.
SHOAA réaffirme son rejet ferme de toutes les formes d’extrémisme, de violence et de terrorisme, et souligne la légitimité ainsi que la nécessité de lutter contre ces phénomènes afin de protéger la société et la sécurité du pays. Toutefois, cela ne dispense pas les autorités de respecter les principes de l’État de droit et les garanties d’un procès équitable, notamment le respect de la présomption d’innocence, le droit à la défense, la protection contre les détentions arbitraires et le contrôle judiciaire indépendant.
L’organisation souligne également que les normes internationales relatives à la lutte contre le terrorisme imposent de maintenir un équilibre entre la protection de la sécurité publique et le respect des droits et libertés fondamentaux. La définition du terrorisme doit rester précise afin d’éviter toute confusion entre les véritables menaces sécuritaires et les activités politiques ou de défense des droits humains exercées de manière pacifique. La transparence, le respect de la loi et l’indépendance de la justice constituent des garanties essentielles pour la stabilité et le renforcement de la confiance des citoyens, particulièrement dans un contexte international où la lutte contre le terrorisme est devenue un cadre central des relations internationales. Cela exige d’éviter l’utilisation des approches sécuritaires pour justifier les restrictions de l’espace civique et des libertés fondamentales.
En conséquence, SHOAA appelle les autorités algériennes à fournir de toute urgence des clarifications officielles transparentes concernant la réalité des informations diffusées sur l’attentat-suicide de Blida, à respecter le droit constitutionnel des citoyens à l’accès à l’information, à garantir l’ensemble des droits légaux de toutes les personnes arrêtées, et à renforcer le contrôle judiciaire sur le déroulement des enquêtes, tout en évitant toute exploitation politique ou sécuritaire de cette affaire visant les voix critiques, les opposants pacifiques ou la restriction des libertés fondamentales sous des prétextes sécuritaires vagues.



