Communiqué de presseDésarmement et paixJustice environnementale

Mémoire de l’Algérie entre massacres et essais nucléaires : SHOAA dénonce l’inaction de l’Algérie et de la France devant les Nations Unies

En ce jour, l’Algérie commémore les massacres du 8 mai 1945, ce moment charnière dans la lutte du peuple algérien pour la liberté et la dignité. Alors que nous honorons la mémoire des milliers de personnes froidement assassinées à Sétif, Guelma et Kherrata, l’organisation SHOAA affirme que raviver la mémoire ne doit pas être un simple rituel symbolique, mais un engagement concret à traiter toutes les questions en suspens liées à l’héritage colonial, notamment le dossier des essais nucléaires français dans le désert algérien (1960–1966).

SHOAA rappelle que les effets de ces essais continuent de jeter une ombre catastrophique sur les populations et l’environnement dans de vastes régions du sud algérien, dans une indifférence officielle persistante face à la souffrance des victimes. L’organisation souligne que les rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont adressé des communications officielles en septembre 2024 aux gouvernements algérien et français, leur demandant de révéler les informations, de coopérer avec les victimes et de prendre des mesures concrètes pour réparer les dommages. Pourtant, à ce jour, aucun des deux gouvernements n’a montré de réponse efficace ou sérieuse à ces appels internationaux.

En Algérie, malgré l’intensification du discours officiel sur la « défense de la mémoire nationale », l’écart entre les slogans et les pratiques ne cesse de se creuser. La volonté politique de traiter le dossier des essais nucléaires semble absente, tant sur le plan du suivi international qu’en matière de justice intérieure pour les victimes et les zones sinistrées. Quant au gouvernement français, il poursuit sa politique de silence et de déni, refusant d’assumer pleinement sa responsabilité pour l’un des crimes environnementaux et sanitaires les plus graves de l’histoire moderne.

Par conséquent, SHOAA :

  • Condamne fermement cette double inaction des autorités algériennes et françaises, qui prive systématiquement les victimes de leur droit à la vérité et à la justice.
  • Demande au gouvernement algérien d’agir immédiatement, de coopérer en toute transparence avec les Nations Unies et la société civile, et d’inscrire le dossier des essais nucléaires parmi ses revendications prioritaires, en le traitant avec sérieux et responsabilité pour dépasser le cadre du chantage politique et s’engager réellement envers les intérêts matériels et moraux du peuple algérien.
  • Appelle le gouvernement français à reconnaître officiellement sa responsabilité historique dans ces essais, à ouvrir ses archives nucléaires et à entamer des procédures concrètes pour réparer les préjudices matériels et moraux subis par les victimes et les populations touchées.

En ce jour de mémoire, nous réaffirmons que la justice ne se réalise ni par des slogans ni à travers des discours tendus, mais par une volonté politique réelle et des décisions courageuses. Préserver la mémoire nationale n’est pas un simple slogan, c’est un droit humain qui ne tolère plus le silence ni l’indifférence.

  • Cliquez ici pour lire la lettre des experts des Nations Unies adressée aux gouvernements de la France et de l’Algérie :

https://shoaa.org/wp-content/uploads/2025/05/AL-FRA-6.2024.pdf

https://shoaa.org/wp-content/uploads/2025/05/AL-DZA-2.2024.pdf

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page