Sensibilisation et Campagnes

La famille Tellaa : plus d’un quart de siècle à la recherche de la vérité, tandis que les pressions s’étendent aux membres de la famille

Depuis la disparition de Farid Tellaa en 1998, sa famille vit avec une question à laquelle, depuis plus d’un quart de siècle, elle n’a pu obtenir de réponse : où est Farid ? Qui est responsable de sa disparition ? Que lui est-il arrivé ?

Son fils, Faouzi Tellaa, a refusé que la disparition de son père devienne un dossier enseveli dans le silence. Il a continué à réclamer la vérité, la justice et l’établissement du sort de son père. Pourtant, selon les informations documentées par Shoaa for Human Rights, il a fait l’objet d’arrestations, de convocations répétées, de harcèlement et de perquisitions du domicile familial, jusqu’à son emprisonnement en 2020 et 2023. Face à la persistance des pressions, il a quitté l’Algérie, sans pour autant abandonner le combat pour son père.

Le 7 avril 2026, les pressions ne visaient plus seulement Faouzi. Elles ont atteint sa famille.

Les services de sécurité à Constantine ont arrêté sa mère, Samia Bekouche, âgée de 66 ans, ainsi que son frère, Hamza Tellaa, après avoir perquisitionné le domicile familial et saisi des documents appartenant à Faouzi. Selon les informations documentées par Shoaa, Samia aurait subi, pendant sa détention, des pressions afin qu’elle appelle son fils à l’étranger et lui demande de renoncer à son action visant à établir la vérité sur la disparition de son père. Samia et Hamza ont été libérés quelques heures plus tard.

Le contraste est saisissant : le père a disparu en 1998… le fils réclame que son sort soit établi… puis les pressions atteignent la mère et le frère.

L’affaire a été portée devant les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Dans une communication datée du 29 avril 2026, trois titulaires de mandat ont exprimé leurs préoccupations concernant les allégations de détention arbitraire, de harcèlement et d’intimidation visant des membres de la famille, notamment les pressions qui auraient été exercées sur Samia Bekouche afin qu’elle contacte son fils Faouzi.

Dans sa réponse datée du 29 juin 2026, le gouvernement a nié tout lien entre ces mesures et le combat de la famille pour établir le sort de Farid Tellaa. Pourtant, plus d’un quart de siècle plus tard, la question fondamentale reste sans réponse :

Où est Farid Tellaa ? Quand sa famille connaîtra-t-elle la vérité ?

À l’occasion du 30 août, Journée internationale des victimes de disparition forcée, l’histoire de la famille Tellaa rappelle qu’une disparition ne s’arrête pas à l’absence d’une personne. Elle se prolonge dans l’attente d’une épouse, la recherche de ses enfants et la vie de toute une famille condamnée, pendant des décennies, à vivre sans vérité ni réponse.

Le prix payé par une famille qui recherche un proche disparu ne devrait pas être davantage de peur, de pressions et d’intimidations. Elle a le droit de poser des questions, le droit de savoir et le droit d’exiger justice sans que ses membres deviennent eux-mêmes des cibles.

Farid Tellaa a disparu… mais le droit de sa famille à la vérité, lui, n’a pas disparu.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page