Sensibilisation et Campagnes

De la disparition du père à l’emprisonnement du fils : l’histoire de Rachid Benakhla

Depuis la disparition de son père, Boukhatem Benakhla, en 1994, Rachid Benakhla porte une question restée sans réponse depuis plus de trois décennies : où est son père et que lui est-il arrivé ? Depuis, il est devenu un militant engagé dans la défense du droit des familles de disparus à la vérité, à la justice et à la connaissance du sort de leurs proches.

Plus de trente ans plus tard, Rachid s’est retrouvé derrière les barreaux. En avril 2026, il a été arrêté par les services de sécurité et le domicile familial a été perquisitionné, avant son placement en détention provisoire à la suite de publications sur Facebook dans lesquelles il évoquait la disparition de son père ainsi que les violences qu’a connues Relizane durant les années 1990, notamment le massacre de Relizane en 1997.

Son cas a été porté devant les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Dans une communication datée du 29 avril 2026, trois titulaires de mandat ont exprimé leurs préoccupations concernant les circonstances de son arrestation et, plus largement, les allégations de harcèlement et d’intimidation visant celles et ceux qui œuvrent pour établir le sort des personnes disparues et défendre les droits humains.

Dans sa réponse datée du 29 juin 2026, le gouvernement a nié tout lien entre les poursuites et son engagement en faveur des disparus. Une question fondamentale demeure pourtant sans réponse : son père est porté disparu depuis 1994, tandis que son fils est aujourd’hui détenu alors qu’il continue de rechercher la vérité sur son sort.

Le père a disparu… et le fils n’a jamais cessé de demander : où est Boukhatem Benakhla ? Que lui est-il arrivé ?

Dans quelques jours, le 30 août, le monde marquera la Journée internationale des victimes de disparition forcée. Le cas de Rachid Benakhla rappelle qu’une disparition ne prend pas fin avec l’absence de la victime : ses conséquences s’étendent à des familles qui peuvent passer des décennies à attendre la vérité.

Rechercher un père disparu n’est pas un crime, et réclamer vérité et justice ne devrait jamais devenir un motif d’emprisonnement, de poursuites ou d’intimidation.
continuent à les rechercher.

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