Droits de l'homme

Justice en suspens : les blessures de la disparition forcée en Algérie saignent sous le poids de l’impunité

La disparition forcée en Algérie constitue une violation grave des droits humains et une atteinte flagrante aux engagements internationaux qui interdisent cette pratique et garantissent le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité personnelle. Le nombre de victimes est estimé à environ 18 000 personnes, tandis que des milliers de cas restent non résolus, sans que l’on sache le sort des disparus, perpétuant ainsi une culture de l’impunité et portant atteinte au droit des familles à la vérité, à la justice et à la réparation.

Les violations contre les défenseurs des droits humains se poursuivent, comme en témoigne l’interdiction faite à la militante Nassera Detour, présidente de l’Association des familles de disparus, d’entrer en Algérie et son expulsion forcée vers la France, une tentative manifeste de faire taire les voix réclamant la vérité sur le sort des disparus. Cette répression ne fait qu’aggraver la souffrance des familles et reflète l’absence de volonté politique de mener une enquête indépendante et de poursuivre les responsables.

L’Organisation SHOAA pour les droits humains appelle les autorités algériennes à honorer leurs engagements en ouvrant des enquêtes indépendantes et transparentes pour établir le sort des disparus, en assurant justice et réparation aux familles des victimes, et en garantissant la responsabilité des auteurs. Elle appelle également à une coopération pleine et entière avec les mécanismes onusiens relatifs aux disparitions forcées, condition essentielle pour rendre justice, préserver la dignité humaine et mettre fin aux violations persistantes.

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