Sensibilisation et Campagnes

Algérie : des experts de l’ONU alertent sur l’escalade de la répression contre les familles de disparus forcés et la société civile

Des experts des Nations unies ont exprimé leur profonde inquiétude, dans un communiqué officiel publié le mercredi 13 mai 2026, face à ce qu’ils ont qualifié d’escalade de la répression et des restrictions visant la société civile en Algérie, y compris la détention secrète, ainsi que le harcèlement et les intimidations visant les familles des personnes victimes de disparition forcée engagées dans la recherche de la vérité et de la justice concernant le sort de leurs proches.

Les experts de l’ONU ont souligné que « les familles des disparus forcés ont le droit absolu de connaître la vérité », insistant sur le fait que toute entrave à ce droit aggrave la souffrance des familles et crée un climat de peur affectant l’ensemble de l’espace civique et des droits humains en Algérie.

Le communiqué appelle les autorités algériennes à révéler immédiatement le sort et le lieu de détention de Rachid Benakhla, qui aurait été arrêté en avril 2026, et exige sa libération sans délai. Les experts ont également exprimé leur inquiétude concernant ce qu’ils qualifient de détention arbitraire, y compris la détention secrète, ayant touché Hamza Tellaa, Samia Bekhouche et Slimane Hamitouche, arrêtés sans mandat avant d’être relâchés par la suite.

Les experts rappellent que le refus de reconnaître la privation de liberté d’une personne ou la dissimulation de son sort ou de son lieu de détention constitue, au regard du droit international, une disparition forcée, même si celle-ci ne dure qu’une courte période.

Le communiqué précise que les personnes concernées sont des proches de victimes de disparition forcée ainsi que des militants engagés dans des organisations œuvrant pour révéler le sort des disparus, notamment le « Collectif des familles de disparus en Algérie » et l’association « SOS Disparus ».

Les experts ont également critiqué la fermeture et la mise sous scellés du siège de l’association « SOS Disparus » le 16 mars 2026, sous prétexte d’absence d’autorisation préalable, estimant que ces restrictions constituent une entrave directe à la capacité des familles à s’organiser, se réunir et poursuivre leurs activités de défense des droits humains liées aux disparitions forcées.

Le communiqué souligne que l’interdiction des disparitions forcées constitue une obligation absolue en droit international, imposant l’enquête sur ces violations et la poursuite des responsables sans exception.

Les experts des Nations unies ont également insisté sur l’obligation de l’Algérie de protéger les familles des disparus et les défenseurs des droits humains contre toute forme de représailles, d’intimidation ou de harcèlement, tout en garantissant les droits fondamentaux liés à la liberté d’expression, au procès équitable, à la liberté d’association et de réunion pacifique.

Le communiqué appelle enfin au respect des garanties procédurales fondamentales, à la cessation des mesures de représailles visant les membres du « Collectif des familles de disparus en Algérie » et de « SOS Disparus », à la levée de la décision de fermeture du siège de l’association, ainsi qu’à la garantie d’un accès effectif aux recours, y compris le droit de contester ces mesures devant la justice.

Les experts de l’ONU ont conclu en affirmant qu’ils poursuivent leurs échanges avec le gouvernement algérien au sujet de ces allégations et des violations signalées.

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