SHOAA pour les droits humains a reçu avec une profonde consternation et une vive inquiétude la nouvelle tragique de la tentative d’immolation par le feu du militant de la société civile Faouzi Abdelkader Zekout, survenue dans la matinée du dimanche 1er juin 2025 devant le ministère de la Justice. L’acte, retransmis en direct sur sa page Facebook, représentait un cri de détresse contre ce qu’il a qualifié d’« injustice judiciaire persistante et abus systématique » de la part d’un juge du tribunal de Frenda (Cour de justice de Tiaret).
Il est important de souligner que M. Zekout avait déjà été emprisonné en 2020 en raison de son engagement associatif, à la suite d’un jugement rendu par le même juge, qu’il a ensuite accusé publiquement d’« avoir fabriqué des charges » et de l’avoir « menacé d’un emprisonnement arbitraire pouvant aller jusqu’à dix ans ».
À la suite de l’incident, Faouzi Abdelkader Zekout a été transféré à l’hôpital spécialisé dans le traitement des grands brûlés à Zéralda, où il reçoit actuellement des soins dans un état critique.
Face à la gravité de cette situation, SHOAA pour les droits humains déclare ce qui suit :
1. Nous condamnons fermement toutes les formes d’abus judiciaires et de détournement de pouvoir, qui constituent une menace grave pour les droits humains fondamentaux et compromettent la confiance du public dans le système judiciaire.
2.Nous appelons les autorités judiciaires et administratives compétentes à ouvrir une enquête urgente, impartiale et transparente sur les circonstances de cet acte dramatique, en tenant compte notamment des accusations explicites formulées par la victime.
3.Nous exhortons le ministère de la Justice à assumer ses responsabilités institutionnelles et morales pour garantir l’indépendance et l’intégrité du pouvoir judiciaire, et à examiner sérieusement les allégations de corruption et d’abus au sein de l’appareil judiciaire.
4.Nous exigeons que les résultats de l’enquête soient rendus publics, conformément au droit de la société à l’information et dans un esprit de transparence et de responsabilité.
5.Nous soulignons que cet événement tragique ne peut être dissocié d’un contexte plus large de répression, dans lequel l’outil judiciaire est utilisé de manière systématique pour faire taire et intimider les militants.
Enfin, SHOAA pour les droits humains appelle tous les défenseurs des droits humains, les acteurs de la société civile et les médias à se mobiliser ensemble pour exiger des comptes, mettre fin à l’impunité, et défendre la dignité humaine ainsi que le droit à la justice sans peur ni humiliation.



