L’organisation SHOAA suit avec une profonde inquiétude l’escalade des pressions exercées par les autorités algériennes à travers leurs services consulaires à l’étranger contre les membres de la diaspora ayant exprimé des opinions critiques envers la situation politique dans le pays.
Les consulats, censés protéger et servir les citoyens, se sont transformés — selon SHOAA — en instruments de surveillance et de chantage politique, prolongeant le bras du pouvoir bien au-delà des frontières nationales.
L’organisation a recueilli de nombreux témoignages d’Algériens résidant en Europe et en Amérique du Nord faisant état de pratiques arbitraires de la part des consulats algériens : retards délibérés dans le renouvellement des passeports, refus injustifiés de délivrer les cartes consulaires ou biométriques, et traitement discriminatoire fondé sur les opinions politiques ou l’activité sur les réseaux sociaux.
Certains citoyens ont reçu des avertissements verbaux les enjoignant à “ne plus parler de politique”, en violation flagrante du principe de neutralité administrative et du droit à la liberté d’expression.
Dans des cas plus graves, SHOAA a documenté des informations indiquant que certains services consulaires exigent des citoyens qu’ils signent un engagement écrit à ne pas aborder des sujets politiques ni publier de contenus critiques envers les autorités, en échange du traitement de leurs dossiers administratifs ou de la délivrance de leurs passeports.
L’organisation considère cette pratique comme une forme explicite de chantage politique et de coercition administrative, constituant une violation manifeste du droit algérien, de la Constitution et des conventions internationales garantissant la liberté d’opinion et d’expression.
SHOAA estime que ces pratiques ne sont pas des incidents isolés, mais relèvent d’une politique systématique et planifiée visant à sanctionner toute voix libre, même au-delà des frontières nationales.
Le passeport algérien est devenu un moyen de pression, et les services consulaires un outil d’intimidation et de chantage, prolongeant la logique de répression interne qui perdure depuis des années.
Ce phénomène s’inscrit dans ce que l’on appelle le « répression transnationale », où l’État utilise son influence diplomatique pour poursuivre ses détracteurs et les priver de leurs droits administratifs et légaux.
Ces politiques ont eu des conséquences graves sur les membres de la diaspora algérienne : restriction de leur liberté de mouvement, difficultés juridiques dans les pays d’accueil, et désengagement vis-à-vis des consulats par crainte de représailles ou de stigmatisation politique. Elles ont aussi creusé la perte de confiance entre les citoyens et l’État, tout en ternissant l’image de l’Algérie sur la scène internationale.
L’organisation SHOAA condamne fermement ces violations et tient les autorités algériennes pleinement responsables de la transformation des institutions consulaires en outils de contrôle et de répression.
Elle appelle à la cessation immédiate de toutes les formes de pressions sur la diaspora, à la garantie d’un accès égal aux services administratifs sans discrimination ni menace, et à la suppression de toute pratique illégale obligeant les citoyens à signer des engagements politiques. SHOAA demande également la poursuite et la sanction de tout responsable ayant abusé de sa fonction à des fins politiques.
Enfin, SHOAA réaffirme que les voix des Algériens de l’étranger ne seront pas étouffées par la peur ou la bureaucratie. Les tentatives visant à les faire taire révèlent la profondeur de la crise politique plutôt qu’elles ne la dissimulent. La liberté d’expression n’est pas une faveur octroyée par l’État, mais le fondement même de la citoyenneté — aucun pouvoir, aussi lointain soit-il, ne saurait la supprimer.



