À l’occasion de la Journée nationale de l’avocat en Algérie, célébrée le 23 mars, SHOAA pour les droits humains rend hommage, avec une profonde considération, au rôle militant et professionnel joué par les avocats du Collectif pour la Défense des Détenus du Hirak depuis le lancement du mouvement populaire du Hirak le 22 février 2019, lorsque des millions d’Algériens sont descendus pacifiquement dans les rues de différentes villes pour réclamer un changement démocratique, l’instauration de l’État de droit et le respect des droits et libertés fondamentaux.
Ces avocats se sont tenus en première ligne pour défendre les militants du Hirak ayant fait l’objet d’arrestations et de poursuites judiciaires pour avoir exercé leur droit légitime à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Ils se sont mobilisés de manière continue entre les commissariats, les parquets et les tribunaux afin d’assurer une assistance juridique et une défense bénévole aux jeunes hommes et femmes concernés, incarnant ainsi la noble mission de la profession d’avocat fondée sur la protection de la justice et la sauvegarde de la dignité humaine.
Cependant, ce rôle légitime de défense des droits humains a été confronté à une vague de harcèlement, d’intimidations, de poursuites judiciaires et de mesures disciplinaires visant plusieurs membres du collectif, dans un contexte de rétrécissement croissant de l’espace civique et d’un recul préoccupant des garanties relatives à la liberté d’expression et de réunion pacifique. La poursuite des avocats en raison de leur engagement dans la défense des droits humains constitue une violation manifeste des normes internationales, notamment des Principes de base des Nations Unies relatifs au rôle du barreau, qui garantissent leur protection dans l’exercice de leurs fonctions professionnelles ainsi que leur droit à la liberté d’expression et à la participation au débat public.
Tout en saluant la résilience et l’engagement professionnel et humain des avocats du Collectif pour la Défense des Détenus du Hirak, SHOAA pour les droits humains souligne que la poursuite de leur ciblage porte gravement atteinte à l’indépendance de la profession d’avocat ainsi qu’aux fondements de la justice et de l’État de droit. Garantir la protection des avocats et leur permettre d’exercer leurs fonctions librement et en toute sécurité ne constitue pas une revendication corporatiste, mais une condition essentielle pour la construction d’un pouvoir judiciaire indépendant et d’un État respectueux de ses obligations internationales en matière de droits humains.



