Le mardi 21 juillet 2026, la Cour d’appel d’Alger a confirmé la condamnation de Fethi Ghares, coordinateur national du Mouvement démocratique et social (MDS), à deux ans de prison ferme et à une amende de 300 000 dinars algériens.
Le jugement de première instance avait été prononcé par le tribunal de Hussein Dey à Alger le 21 octobre 2025, à la suite de déclarations médiatiques dans lesquelles M. Ghares avait critiqué des propos du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
M. Ghares a été poursuivi pour « outrage à un corps constitué », en vertu de l’article 146 du Code pénal, ainsi que pour « diffusion de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l’ordre public et à la sécurité publique », conformément à l’article 196 bis du même Code.
Cette décision intervient quelques jours seulement après les déclarations du président Abdelmadjid Tebboune affirmant que l’opposition est la bienvenue en Algérie et que tout citoyen a le droit de critiquer les politiques publiques et de proposer des alternatives, à condition que cette opposition demeure, selon ses termes, « civilisée » et fondée sur les idées.
Pourtant, la condamnation d’un responsable politique de l’opposition à une peine d’emprisonnement pour avoir exprimé des critiques à l’égard du Président met en évidence une contradiction flagrante entre le discours officiel et la réalité. Il ne peut y avoir de véritable pluralisme politique tant que la critique pacifique du pouvoir est criminalisée et que des dispositions pénales aux formulations vagues, telles que l’« outrage à un corps constitué » ou la « diffusion de fausses informations », continuent d’être utilisées pour restreindre la liberté d’expression.
La condamnation de Fethi Ghares ne vise pas uniquement sa personne ; elle adresse également un message d’intimidation à l’ensemble des acteurs politiques : critiquer le pouvoir peut conduire à des poursuites judiciaires et à l’emprisonnement. Un tel message renforce un climat de peur et compromet les fondements du pluralisme politique ainsi que la liberté d’exercer une activité politique pacifique. Dès lors, les déclarations officielles en faveur de l’ouverture, du dialogue et de l’acceptation de l’opposition perdent toute crédibilité, car la véritable mesure de l’ouverture politique réside dans la capacité des opposants à s’exprimer et à agir librement sans craindre des poursuites ou des sanctions.
Il ne peut être sérieusement affirmé que l’opposition est la bienvenue lorsque l’un de ses principaux dirigeants est emprisonné pour avoir exprimé ses opinions politiques. De même, le discours officiel sur l’ouverture politique perd toute crédibilité tant que la critique pacifique continue d’être sanctionnée par des poursuites pénales et des peines d’emprisonnement.



