L’Organisation SHOAA pour les Droits Humains exprime sa plus vive condamnation et sa profonde inquiétude face à la mesure arbitraire prise par les autorités algériennes le 30 juillet 2025, consistant en l’expulsion de Mme Nassera Dutour, présidente du Collectif des Familles de Disparus en Algérie (CFDA) et membre de la Fédération Euro-Méditerranéenne contre les Disparitions Forcées (FEMED), dès son arrivée à l’aéroport Houari Boumediene à Alger.
Cette décision constitue une violation flagrante de la Constitution algérienne, en particulier de l’article 49, qui garantit à chaque citoyen le droit de choisir librement son lieu de résidence, de circuler librement sur le territoire national, et d’y entrer et d’en sortir. Ces droits ne peuvent être restreints que par une décision judiciaire motivée et pour une durée limitée.
L’expulsion de Mme Dutour s’est faite sans aucun fondement légal ni décision judiciaire, ce qui représente également une violation manifeste des normes internationales relatives aux droits de l’homme, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’homme (1998).
Mme Nassera Dutour n’est pas seulement une citoyenne algérienne ayant le droit inaliénable de rentrer dans son pays, elle est également une défenseure des droits humains de longue date, ayant consacré plus de 25 ans à la recherche de la vérité sur les disparitions forcées en Algérie, qui ont touché des milliers de victimes pendant la « décennie noire ». Son expulsion constitue une attaque directe contre la mémoire des victimes et contre le combat des familles pour la vérité et la justice.
L’Organisation SHOAA pour les Droits Humains affirme ce qui suit :
Son rejet total de cette mesure arbitraire, qui constitue un précédent dangereux pour les défenseurs des droits humains en Algérie .
Sa solidarité pleine et entière avec Mme Nassera Dutour, et sa reconnaissance pour son combat courageux en faveur de la vérité et de la justice.
Son appel aux autorités algériennes à revenir immédiatement sur cette décision illégale, à garantir sa liberté de circulation, et à la protéger de toute forme de harcèlement ou de représailles en raison de son engagement légitime.
Tenter de faire taire la mémoire des victimes en expulsant ceux qui la portent ne fera pas disparaître la vérité, ni n’éteindra la flamme du combat qui brûle encore dans le cœur de milliers de familles algériennes réclamant de connaître le sort de leurs proches et d’obtenir justice.



