L’Examen national volontaire (ENV) de l’Algérie pour 2026 n’accorde pas une attention suffisante à l’un des fondements essentiels du développement durable, à savoir la participation du public et l’ouverture de l’espace civique. Le rapport ne précise ni le degré de participation de la société civile indépendante à son élaboration, ni la méthodologie ou les résultats des consultations, ce qui limite la possibilité de vérifier le respect du principe de participation mis en avant par les Nations Unies.
Parallèlement, le rapport présente le projet minier de Gara Djebilet comme l’un des principaux projets stratégiques destinés à diversifier l’économie nationale, tout en passant sous silence le contexte des droits humains dans lequel ces projets sont débattus. Dans ce contexte, l’économiste Djelloul Slama a été placé en détention provisoire le 5 février 2026, après son arrestation le 24 janvier 2026, à la suite de déclarations publiques portant sur les aspects économiques et techniques du projet, notamment la qualité du minerai de fer, les coûts d’extraction et la rentabilité de l’investissement. Il a été poursuivi sur le fondement des articles 79 et 196 bis du Code pénal algérien, dans une affaire qui a suscité de vives préoccupations quant au respect de la liberté d’expression et à l’indépendance du débat public sur les politiques économiques.
Cette affaire soulève de sérieuses interrogations quant à la protection de la liberté d’expression, de la liberté académique et du droit des experts à participer au débat sur les politiques publiques et les projets stratégiques sans crainte de poursuites. Le développement durable ne repose pas uniquement sur les projets d’investissement ; il exige également la transparence, l’ouverture à la diversité des opinions, la protection de la liberté d’expression et un espace propice au débat public, autant de principes qui constituent un pilier fondamental de l’Objectif de développement durable n°16.



