Le jeudi 27 mars 2025, le tribunal des délits de Dar El Beida, à Alger, a condamné l’écrivain Boualem Sansal à cinq ans de prison ferme, assortis d’une amende de 500 000 dinars algériens. Ce verdict fait suite à son procès, tenu le 20 mars 2025, pour des accusations liées à l’atteinte à l’unité nationale, l’outrage à un corps constitué, la commission d’actes susceptibles de nuire à l’économie nationale, ainsi que la détention de vidéos et de publications menaçant la sécurité et la stabilité nationales. Le procureur de la République avait requis, à l’époque, une peine de dix ans de prison ferme.
Boualem Sansal a été interpellé par les services de sécurité le samedi 16 novembre 2024 à l’aéroport international Houari Boumédiène, à son arrivée de Paris. Il devait se rendre directement à son domicile dans la wilaya de Boumerdès. Placé en garde à vue, il a été soumis à une enquête approfondie avant d’être présenté au procureur de la République près le tribunal de Dar El Beida, qui l’a ensuite déféré devant le juge d’instruction. Ce dernier a ordonné son placement en détention provisoire à la prison de Koléa, en date du 26 novembre 2024.
La poursuite judiciaire engagée contre Boualem Sansal repose sur des publications électroniques et des vidéos dans lesquelles il exprimait ses opinions sur la situation intérieure en Algérie, ainsi que sur des articles publiés dans la presse étrangère, contenant des critiques virulentes à l’encontre de l’armée algérienne et de l’économie nationale. Il a également tenu, dans une interview accordée à un magazine français, des propos controversés au sujet des frontières géographiques entre l’Algérie et le Maroc à l’époque coloniale.



