À l’occasion du 64e anniversaire du premier essai nucléaire français en Algérie, « Le Gerboise Bleue », l’organisation SHOAA for Human Rights a organisé un webinaire, animé par la responsable du programme Imène HMILI. Cet événement a réuni d’éminents experts pour aborder les répercussions continues de cet essai nucléaire inaugural en Algérie, et pour examiner ses effets sur les droits de l’homme, la sécurité, l’environnement ainsi que la nécessité de la paix mondiale en appelant à un traité interdisant les armes nucléaires (TPNW).
Les principales interventions de nos estimés intervenants incluent :
- Rachid Aouine, directeur de SHOAA for Human Rights, a souligné le rôle crucial du plaidoyer dans la mobilisation des ONG, des experts et des parties prenantes clés afin de sensibiliser aux conséquences des essais nucléaires, mettant particulièrement l’accent sur le récit algérien dans un contexte mondial plus large.
- Dr. Marcos A. Orellana, rapporteur spécial des Nations Unies sur les substances toxiques et les droits de l’homme, a détaillé les retombées mondiales des expositions toxiques. Il a insisté sur la nécessité d’une solidarité internationale pour atténuer les impacts sur les communautés affectées par les essais nucléaires, dénonçant le déversement de déchets toxiques comme une injustice environnementale flagrante. Le Dr Orellana a plaidé pour une justice transitionnelle et a souligné l’importance du TPNW dans les processus de guérison et de réhabilitation.
- Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des armements, a exploré les conséquences spécifiques des essais nucléaires en Algérie, mettant en avant les graves impacts environnementaux et sanitaires pour les populations locales. Il a insisté sur la nécessité pour le gouvernement français de divulguer la cartographie complète des sites d’essais nucléaires et de déchets toxiques. Il a salué les premières étapes du dialogue entre les autorités françaises et algériennes, notamment à travers un comité d’historiens visant à réconcilier et à traiter les séquelles persistantes de ces essais.
- Jean-Marie Collin, directeur d’ICAN France, a mis en lumière les aspects cruciaux des articles 6 et 7 du TPNW, qui exigent la restauration de l’environnement et le soutien aux victimes. Il a appelé à la concrétisation de ces engagements par les signataires du traité, exhortant à des efforts internationaux complets pour rectifier les injustices historiques subies par les victimes.
- Dr. Amel Mejri, fervente militante pour le désarmement nucléaire, a critiqué la dépendance de l’AIEA aux données fournies par la France dans ses enquêtes en Algérie. Elle a plaidé pour une voix collective des victimes algériennes afin d’exiger responsabilité, justice et réparation.
Ce webinaire a non seulement rendu hommage à un jalon historique important, mais a également offert une plateforme collaborative pour défendre la cause des victimes des essais nucléaires. Il a mis en avant la nécessité collective d’approfondir la compréhension mondiale, de promouvoir des mesures progressives pour atténuer les impacts des essais nucléaires en Algérie, et de renforcer la coopération internationale en vue d’une justice transitionnelle complète et d’une guérison durable.
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