Le mercredi 9 octobre 2024, le tribunal de Djelfa a prononcé une peine d’un an de prison ferme, assortie d’une amende de 100 000 dinars algériens, contre le blogueur et militant des droits de l’homme Tidjani Benderrah. Les charges découlent de ses publications Facebook, considérées par les autorités comme potentiellement préjudiciables aux intérêts nationaux, conformément à l’article 96 du Code pénal.
Les poursuites contre Benderrah ont fait suite à son arrestation le soir du mardi 8 octobre 2024, à l’entrée de la ville de Djelfa, alors qu’il revenait d’un déplacement médical dans la capitale, Alger. Il a été immédiatement placé en garde à vue au centre de sécurité régional de Djelfa et détenu pour la nuit. Le lendemain, il a comparu devant le procureur de la République au tribunal de Djelfa, qui a renvoyé son affaire en comparution immédiate.
L’origine de l’affaire remonte au 18 décembre 2023, lorsque Benderrah a été convoqué et interrogé par l’Unité de cybercriminalité de la Police judiciaire de Djelfa. L’enquête portait sur des publications Facebook dans lesquelles il commentait la visite du président Abdelmadjid Tebboune à Djelfa le 29 octobre 2023.
Cette récente condamnation s’ajoute à une série de harcèlements et de poursuites judiciaires que l’activiste a subis pour avoir exercé son droit à la libre expression. Malgré les appels répétés d’organisations internationales exhortant au respect de ce droit fondamental, et les récentes recommandations de l’ONU appelant l’Algérie à respecter ses engagements internationaux, notamment le 30 septembre 2024, lorsque quatre experts de l’ONU, dont la Rapporteuse spéciale sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Irene Khan, ont exprimé leurs préoccupations, les autorités algériennes persistent dans leur campagne répressive contre les citoyens cherchant à exercer pacifiquement leur droit de s’exprimer.



