Surveillance et documentation

Confirmation de la condamnation du journaliste Saad Bouakba avec réduction de la peine à 18 mois de prison avec sursis

Le mardi 7 juillet 2026, la dixième chambre pénale de la Cour d’appel d’Alger a rendu son arrêt dans l’affaire du journaliste et écrivain Saad Bouakba, confirmant sa condamnation tout en réduisant sa peine à 18 mois d’emprisonnement avec sursis et en maintenant l’amende d’un million de dinars algériens, à l’issue de l’audience d’appel tenue le 9 juin 2026.

Cette décision allège le jugement rendu en première instance par le tribunal de Bir Mourad Raïs le 4 décembre 2025, qui avait condamné M. Bouakba à trois ans d’emprisonnement avec sursis et à une amende d’un million de dinars algériens.

M. Bouakba avait été placé en détention provisoire le 27 novembre 2025, après sa présentation devant le procureur de la République dans le cadre de la procédure de comparution immédiate. Les poursuites font suite à des déclarations faites lors d’un podcast diffusé par la chaîne en ligne Vision, au cours duquel il avait évoqué des événements historiques ainsi que plusieurs figures de la guerre de libération et d’anciens responsables de l’État.

Il est poursuivi pour outrage et diffamation envers les symboles de la Révolution de libération nationale au moyen des technologies de l’information et de la communication, ainsi que pour diffusion volontaire de fausses ou de trompeuses informations auprès du public, en vertu des articles 148 bis 1, 196 bis et 333 bis 6 du Code pénal. Les poursuites font suite à une plainte déposée par la famille de l’ancien président algérien Ahmed Ben Bella, à propos de déclarations relatives à la gestion et au partage des fonds du Front de libération nationale (FLN) après l’indépendance.

Malgré l’allègement de la peine, cette affaire continue de susciter des préoccupations quant au recours au droit pénal pour poursuivre des journalistes en raison de leurs opinions ou de leurs analyses portant sur des questions historiques et d’intérêt public. Des experts des Nations Unies et des organisations internationales de défense des droits humains ont à plusieurs reprises appelé l’Algérie à réviser les dispositions législatives utilisées pour restreindre la liberté d’expression et la liberté de la presse, et à veiller à ce que les poursuites pénales ne servent pas à limiter le débat public.

L’affaire soulève également des inquiétudes en raison de la décision rendue en première instance ordonnant la fermeture définitive de la chaîne Vision et la confiscation de son matériel, une mesure considérée comme portant gravement atteinte à la liberté de la presse et au pluralisme des médias, même si la cour d’appel s’est limitée à réduire la peine prononcée contre Saad Bouakba.

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