Le jeudi 9 juillet 2026, le juge d’instruction près le tribunal d’Azzazga (wilaya de Tizi Ouzou) a ordonné le placement en détention provisoire du journaliste Mourad Atmimou, après son arrestation le 7 juillet par des agents en civil dans la ville d’Azzazga. Ses téléphones portables et ses appareils électroniques ont été saisis pour être soumis à une expertise technique.
Selon les informations disponibles, les poursuites font suite à des publications diffusées par M. Atmimou sur les réseaux sociaux, dans lesquelles il critiquait les récentes élections législatives.
Mourad Atmimou est poursuivi pour « apologie du terrorisme » en vertu de l’article 87 bis du Code pénal, « atteinte aux symboles de l’État », ainsi que pour « diffusion d’idées susceptibles de susciter la haine au sein de la société » en application de l’article 34 de la loi n° 20-05 relative à la prévention et à la lutte contre la discrimination et le discours de haine. Le recours à ces dispositions dans des affaires liées à l’exercice pacifique de la liberté d’expression suscite des inquiétudes croissantes quant à l’élargissement de la criminalisation de la liberté d’opinion et d’expression, une préoccupation déjà exprimée à plusieurs reprises par des experts des Nations Unies et des organisations internationales de défense des droits humains.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte marqué par la multiplication des poursuites judiciaires visant des journalistes, des militants et des défenseurs des droits humains en raison de l’exercice pacifique de leur droit à la liberté d’expression, illustrant le rétrécissement continu de l’espace civique et de la liberté de la presse en Algérie.
Le recours persistant à la détention provisoire ainsi qu’à des accusations liées à la sécurité de l’État ou au discours de haine dans des affaires d’expression pacifique soulève de sérieuses préoccupations quant au respect par l’Algérie de ses obligations internationales, notamment au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui garantit la liberté d’expression et la liberté de la presse. Les organisations de défense des droits humains appellent les autorités algériennes à s’abstenir d’utiliser la législation pénale pour restreindre le travail journalistique ou poursuivre des personnes en raison de l’expression pacifique de leurs opinions, et à garantir le respect des garanties d’un procès équitable et de l’État de droit.



