Le jeudi 15 octobre 2026, le tribunal de Dar El Beïda, à Alger, a condamné l’expert économique Djelloul Slama à quatre ans de prison ferme et à une amende, en lien avec des déclarations médiatiques, des opinions et des analyses économiques concernant le projet d’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet.
Le jugement a été rendu à l’issue du procès de Djelloul Slama, dont l’audience avait été reportée à deux reprises pour des raisons de santé. Il était poursuivi pour publication et diffusion intentionnelles parmi le public de nouvelles ou d’informations fausses ou tendancieuses susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique ou à l’ordre public, en vertu de l’article 196 bis du Code pénal algérien. Selon les informations relatives à l’affaire, cette accusation a été associée à une allégation « d’entrave à l’investissement dans le but de porter atteinte à l’économie nationale ».
L’affaire trouve son origine dans des déclarations faites par Djelloul Slama dans les médias, dans lesquelles il critiquait la gestion du projet d’exploitation de la mine de Gara Djebilet et abordait ses aspects économiques et techniques, notamment la qualité du minerai de fer, les coûts d’extraction et la viabilité économique de l’investissement. Ces déclarations avaient suscité un débat public autour du projet avant de faire l’objet de poursuites judiciaires.
Djelloul Slama avait été arrêté le 24 janvier 2026, avant d’être présenté devant les autorités judiciaires. Le jeudi 5 février 2026, le juge d’instruction près le tribunal de Dar El Beïda avait ordonné son placement en détention provisoire. Il est resté incarcéré jusqu’à son procès et au prononcé du jugement à son encontre.
SHOAA pour les droits de l’homme considère que les poursuites engagées contre un expert économique en raison de l’expression de ses opinions professionnelles et de ses analyses concernant un projet économique d’importance nationale portent atteinte à la liberté d’opinion et d’expression, à la liberté de recherche académique ainsi qu’au débat public sur les politiques économiques. L’organisation souligne que discuter de la viabilité économique des projets publics et critiquer leur gestion relèvent de l’exercice légitime de la liberté d’expression et ne devraient donner lieu ni à des poursuites pénales ni à une privation de liberté.
SHOAA pour les droits de l’homme affirme également que la criminalisation de la critique économique pacifique a instauré un climat d’autocensure, limité l’indépendance des experts, des chercheurs et des universitaires, et restreint l’espace consacré au débat libre et à la participation à l’évaluation des politiques publiques.
SHOAA pour les droits de l’homme demande la libération de l’expert économique Djelloul Slama, l’annulation du jugement prononcé à son encontre et l’abandon des poursuites liées à l’exercice pacifique de sa liberté d’expression. L’organisation appelle également à garantir que les dispositions pénales ne soient pas utilisées pour sanctionner les opinions et les analyses professionnelles ou restreindre le débat public sur les questions économiques d’intérêt général.



