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La condamnation du journaliste Mustapha Bendjama soulève des interrogations sur le respect des droits de la défense et des garanties d’un procès équitable

Le mercredi 4 mars 2026, le Conseil judiciaire d’Annaba a rendu un verdict condamnant le journaliste indépendant Mustapha Bendjama à une peine d’un an de prison ferme, assortie d’une amende et d’une indemnisation au profit du Trésor public. Cette décision fait suite à l’audience d’appel tenue le 25 février 2026. Les poursuites ont été engagées en vertu des articles 96 et 196 bis 1 du Code pénal algérien, à la suite de publications considérées comme susceptibles de porter atteinte à l’intérêt national ou de nuire à la sécurité ou à l’ordre public.

Ce jugement intervient dans un contexte de poursuites judiciaires répétées visant le journaliste ces dernières années. Selon les informations disponibles, depuis la période du Hirak populaire, il fait face à plusieurs procédures judiciaires, avec onze affaires ouvertes à son encontre, principalement liées à des articles journalistiques publiés et à des prises de position exprimées sur les réseaux sociaux.

À la suite du verdict, Mustapha Bendjama a annoncé avoir déposé une plainte officielle via la plateforme numérique du ministère de la Justice concernant le déroulement de l’audience d’appel, estimant que le procès a été entaché d’irrégularités affectant les garanties fondamentales d’un procès équitable. Il a précisé qu’il n’avait disposé que d’un temps très limité pour répondre aux accusations portées contre lui, ce qui ne lui a pas permis de présenter pleinement sa défense. Il a également indiqué que son avocat a été interrompu à plusieurs reprises durant sa plaidoirie.

Il a par ailleurs affirmé que l’audience avait été suspendue à plusieurs reprises et que d’autres affaires avaient été examinées alors que son procès était toujours en cours, une procédure que certains avocats considèrent susceptible de porter atteinte au principe de continuité des débats et aux garanties des droits de la défense. À l’issue de l’audience, la peine a été aggravée par rapport au jugement de première instance, passant d’une peine d’un an avec sursis à une peine d’un an de prison ferme.

Dans ce contexte, le journaliste a indiqué qu’il comptait adresser des correspondances officielles au Président de la République, au ministre de la Justice et au président du Conseil national des droits de l’homme, afin de solliciter leur intervention pour garantir le respect de ses droits légaux dans le cadre de la loi et des institutions. Il envisage également de saisir le Conseil supérieur de la magistrature afin de contester ce qu’il considère comme des irrégularités dans le déroulement de l’audience d’appel.

Au-delà de sa dimension individuelle, cette affaire soulève des interrogations plus larges concernant le respect des droits de la défense, les garanties d’un procès équitable et la liberté de la presse en Algérie. Ces principes constituent des piliers essentiels de l’État de droit et sont garantis par la Constitution algérienne ainsi que par les engagements internationaux de l’Algérie en matière de droits de l’homme, ce qui implique d’assurer l’indépendance de la justice, le respect des procédures judiciaires et le droit de tout justiciable à un procès équitable et transparent préservant sa dignité et ses droits fondamentaux.

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